Que retenir de la sixième édition de l'Open EDF ?



Organisée à trois semaines des Jeux Olympiques de Londres (27 juillet-12 août), la sixième édition de l'Open EDF de natation a livré son verdict et ses enseignements. Tour d'horizon et état des forces.

Qu'on se le dise, Camille Muffat et Yannick Agnel sont de vraies machines. « Ils sont monstrueux », commentait non sans admiration le DTN Christian Donzé à l'issue du meeting parisien. Bien qu'émoussés par une préparation digne des marathoniens, les nageurs niçois n'ont jamais désarmé tout au long des deux journées de compétition. Auteur d'un 800 m nage libre maîtrisé le vendredi 6 juillet, Camille Muffat s'est adjugée dans la foulée un 200 m sans contestation (1'56''21, sixième performance mondiale de l'année), avant de claquer 4'04''42 sur 400 m nage libre le lendemainDe son côté, Yannick Agnel a brillamment remporté le 400 m nage libre levendredi avant de s'octroyer en patron les 200 et 100 m nage libre, au nez et à la barbe des spécialistes de l'épreuve reine.

A commencer par l'Antibois Alain Bernard qui disputait à l'Open EDF le dernier aller-retour de sa carrière phénoménale. « Et voilà, c'est fini », constatait le champion olympique dans un immense sourire, « ça fait bizarre de se dire ça, mais c'est ainsi et puis il me reste une dernière compétition à disputer : les Jeux avec le relais 4x100 m nage libre. Ça sera une belle fin, j'en suis persuadé. » Au rayon des hommages, il convient également de saluer le parcours du Havrais Hugues Duboscq, lui-aussi en fin de carrière, qui vivra les JO de Londres comme remplaçant du relais 4x100 m 4 nages sans que cela n'entrave pour autant sa légendaire bonne humeur. « J'ai retrouvé des sensations mais Giacomo (Perez-Dortona) est maintenant nettement devant moi. Je me tiens à la disposition du relais et je tâcherais de jouer mon rôle à Londres. »

Dans les rangs marseillais, contingent le plus important de l'équipe de France, le bilan est en revanche un brin mitigé. Si Camille Lacourt et Florent Manaudou ont pleinement assumé leur statut, Fabien Gilot et Laure Manaudou ont davantage souffert. Dominé par Yannick Agnel en finale du 100 m, comme ce fut déjà le cas aux championnats de France de Dunkerque (mars 2012), le sprinter azuréen a semblé manquer de fraîcheur. « C'est vrai que tout ne s'est pas déclenché comme je l'espérais », confiait-il après la course, « mais c'est normal. Je sors d'une longue période de préparation. Je ne suis pas du tout inquiet, je sais que je serais au top à Londres. » Laure Manaudou, cinquième du 100 m dos en 1'01''16, a quant à elle préféré laissé son coach Romain Barnier commenter sa course. « Laure n'est pas encore en pleine possession de ses moyens, mais il n'y a rien d'alarmant. Elle a été très sérieuse depuis les championnats de France et elle m'a vraiment impressionné par la constance de ses entraînements. A Londres, tout sera possible si elle réussit sa première course. »
Adrien Cadot

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