Le duo Bernard-Auguin

Auguin
Leur relation vue par Denis Auguin


Denis Auguin a du mal à définir précisément le lien qui les unit. « Une seule chose est sûre, nous ne sommes pas amis. La seule fois où je l'ai invité chez moi, c'est quand j'ai emménagé à Antibes. Nous n'allons pas non plus boire des coups ensemble comme deux vieux potes. Il nous arrive de nous retrouver au restaurant mais seulement pour débriefer. On ne partage rien en dehors de la natation, mais il y a énormément d'affection entre nous. Et aussi beaucoup de tensions. »

Une collaboration de longue durée

En huit ans d'étroite collaboration, les deux hommes ont traversé des moments d'intense bonheur, mais surtout quelques épreuves qui ont contribué à créer ce lien unique et indéfectible entre eux. Denis Auguin n'en a oublié aucune.

Et de citer pêle-mêle les dernières semaines au CN Marseille, « où on en était réduit à s'entraîner lui et moi dans une ligne d'eau et les autres à côté », les championnats d'Europe de Budapest en 2006, « un tournant, car Alain sortait d'une année difficile, son père avait de gros problèmes de santé, je faisais le lien avec sa mère, j'étais obligé de lui cacher des choses et dans ce contexte, le voir finir 7e du 100 m nage libre et 3e avec le relais, je me suis dit : « ce garçon est vraiment solide ». Le coach n'oublie pas non plus les championnats du monde de Melbourne, en 2007, et cette élimination précoce dès les demi-finales du 100 m. « A peine sorti du bassin, je lui ai demandé de choisir : « Soit tu veux être un bon nageur, soit tu veux être le meilleur. » Je me rappellerai toujours son retour à l'entraînement. Il s'est « jeté à l'eau » avec une application et une implication que je n'avais jamais vues dans un bassin. Là, j'ai compris. »

Une collaboration constructive

Autant d'anecdotes qui rythment le parcours commun des deux hommes. Même si leur relation a évolué ces derniers mois. « Il demande toujours beaucoup d'attention tout en revendiquant aussi de plus en plus d'autonomie, de liberté. Mais c'est normal. Tout comme nos discussions sont beaucoup plus constructives qu'au début. D'ailleurs, Alain m'a beaucoup apporté en termes de communication. » Reste cette ultime boutade : « Bien sûr, j'ai été très touché qu'il décide de me suivre lorsque j'ai été licencié du CN Marseille. Mais si j'étais allé à... Montceau-les-Mines par exemple au lieu d'Antibes, est-ce qu'il aurait pris le même chemin ? »

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