
Vous êtes né aux Etats-Unis mais vous avez choisi la nationalité serbe ?
Ma famille a toujours été très attachée et fière de ses origines serbes. Je vis aux Etats-Unis, je pense comme un américain, mais je suis Serbe. J'ai choisi de nager pour la Yougoslavie en 2000 parce que je souhaitais faire partie de l'équipe olympique. Cela n'aurait pas été envisageable en prenant la nationalité américaine.
Votre statut en Serbie ?
Je suis devenu une icône dans mon pays, je suis un symbole pour les Serbes. Je pense que grâce à mon parcours, ils ont pris conscience qu'il était possible pour eux d'évoluer dans les plus hautes sphères du sport.
Avant les JO de Pékin, vous avez été sacré aux Championnats d'Europe d'Eindhoven (mars 2008) avant d'être exclu de la compétition pour avoir porté sur le podium un tee-shirt où était
inscrit « le Kosovo est serbe »?
Aux Pays-Bas, j'ai remporté le 50 m papillon et amélioré le record d'Europe en nageant 23''11. Sur le podium, j'ai porté un tee-shirt qui n'a pas plu, cela a coûté 7 000 euros d'amende à ma fédération. J'ai été exclu de la suite de la compétition. Ça s'arrête là !
Et comment avez-vous préparé l'événement olympique et votre confrontation avec Michael Phelps sur 100 m papillon ?
Pendant un an et demi, j'ai vraiment tout donné pour être présent à l'heure H. Je me suis entraîné six à huit heures par jour, six jours par semaine. J'ai été vraiment très sérieux, tout en prenant soin aussi de souffler de temps à autre. Plusieurs fois, j'ai eu besoin de retourner chez moi en Californie, le temps d'un week-end ou toute une semaine, mais je ne manquais jamais d'aller dans l'eau. Personnellement, j'avais uniquement le record du monde en tête (50''40, détenu par Ian Crocker depuis 2005) et la médaille d'or. Je ne me suis jamais focalisé sur Phelps. C'était un adversaire comme un autre, et il fallait le dominer pour gagner.
N'est-ce pas frustrant malgré tout de rater l'or olympique pour un centième ?
Je suis très heureux d'avoir gagné une médaille d'argent. J'ai failli gagner l'or et pour un centième c'est manqué ! A quelques centimètres du mur, c'était encore le cas... Un centième, c'est la plus petite différence entre deux nageurs tolérée par le chronométrage électronique. Le chronomètre ne ment pas : Michael m'a battu. Nous ne sommes même pas ex-æquo.