La pression selon Alain Bernard

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Au premier abord, on ne croirait pas que cet athlète hors-normes au physique de déménageur et sur le dos duquel vous pourriez sans peine étaler une carte routière de France, soit sensible à la pression. A le voir déambuler nonchalamment dans les allées du Lagardère Paris Racing, hôte de la troisième édition de l'Open EDF de natation, on a du mal à imaginer ce colosse stressé pendant une compétition. « Ce n'est pas tellement la course », rectifie-t-il, « mais plutôt l'attente autour de moi. » Depuis un titre olympique, le premier pour la France sur 100 m nage libre (l'épreuve reine),

décroché l'été dernier aux Jeux Olympiques de Pékin, la vie du géant antibois a basculé dans une dimension qu'aucun nageur tricolore, à l'exception de Laure Manaudou, n'a connu jusqu'à présent.

Sollicitations médiatiques à n'en plus finir, demandes incessantes d'autographes, séances interminables de dédicaces... Alain ne s'appartient plus ! Comme Laure Manaudou avant lui, les fans de natation et de sport en général, l'interpellent à longueur de journée, l'épient, le suivent, tentent de l'approcher. Ce n'est pas encore la « Beatles mania », mais l'Open EDF apporte une fois de plus la preuve que le champion olympique déchaîne les foules et l'enthousiasme des spectateurs. La météo n'a beau ne pas être au rendez-vous, les longueurs de l'Azuréen sont scrupuleusement scrutées et épluchées. « La tension est là, présente à chacune de mes apparitions. Je sais que je suis attendu par mes adversaires, mais aussi et surtout par le public. Et comme j'ai toujours envie de bien figurer, je me mets un peu de pression. » Pour l'heure, cela ne l'a apparemment pas empêché de briller avec ses partenaires du relais 4x100 m nage libre vendredi, puis de décrocher la médaille d'argent du 50 m nage libre, samedi après-midi.

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