
Quel bilan faites-vous de ce début de saison ?
Si la saison devait s'arrêter demain, ce serait probablement la plus belle de ma carrière. Tout ce que je souhaitais s'est réalisé ; des victoires quasiment à chacune de mes compétitions, des records personnels, un record du monde établi lors des championnats de France, 2 titres de champion de France et enfin la qualification pour les Mondiaux de Rome en individuel sur 50 et 100 m, ainsi que sur le relais 4 x100 m. Je ne pouvais pas espérer mieux ! Mais j'en veux toujours plus...rire...à Rome j'espère réaliser de belles performances, voire les meilleures et me positionner au milieu des meilleurs nageurs !
A part celui de réaliser vos meilleurs temps, avez-vous un objectif particulier ?
Prendre autant de plaisir que celui ressenti à l'abord des compétitions. Lors des compétitions importantes, comme le championnat de France de Montpellier, c'est très stimulant de ressentir l'énergie monter. J'espère avoir les mêmes sensations à Rome. Mon esprit est également tourné vers le relais 4 x 100 m nage libre. Avec mes coéquipiers, on a à cœur de montrer que nous sommes encore en lice pour cette épreuve avec à notre actif une solide détermination. Notre but ultime, l'or !
Quelques mots sur la concurrence ?
Les 1ers noms qui me viennent à l'esprit sont des noms français, on sait tous aujourd'hui, que le sprint français s'installe en tête des bilans mondiaux. Je vais donc retrouver Amaury Leveaux et Alain Bernard lors des épreuves individuelles, ils feront partie des adversaires les plus dangereux. Au niveau international, l'australien Eamon Sullivan sera présent aux Mondiaux de Rome : malgré les soucis de santé qu'il a traversés cette saison, il reste un nageur doté de qualités exceptionnelles et un excellent compétiteur. Sans oublier, le champion olympique, qui reste le meilleur nageur mondial en actuellement, le brésilien César Cielo. Un nageur avec lequel j'ai l'opportunité de m'entraîner, il sera probablement l'adversaire le plus redoutable sur le 50 et 100 m.
Comment vous préparez-vous pour une compétition d'une telle envergure ?
Généralement, j'ai une préparation qui s'échelonne sur 15 semaines, associée à plusieurs compétitions. Je m'efforce de réaliser entre 4 et 6 compétitions avant l'échéance principale. Depuis les championnats de France, j'ai notamment participé au meeting à Charlotte en Carole du nord aux Etats-Unis. La semaine prochaine je serai à Pescara en Italie pour les Jeux Méditerranée.
Lors de vos entraînements quelle est la spécificité sur laquelle vous mettez l'accent ?
Je m'efforce de beaucoup travailler la force et la puissance. La force se travaille essentiellement par le biais de la musculation, j'alterne mon travail entre la force et l'explosivité, qui est d'ailleurs quasiment une de mes seules qualités naturelles en tant que nageur. Dans l'eau je travaille la puissance, comme par exemple, mes prises d'appui, le nombre de coup de bras par longueur. L'objectif : un mouvement de bras le plus rapide possible!
Quel est votre regard sur l'équipe de France ?
Je n'ai pas encore la chance de connaître individuellement tous les membres de l'équipe ! Cette année, nous avons accueilli 12 petits nouveaux, cela génère un regain d'énergie au sein du groupe. J'attends impatiemment le stage de préparation avant les Mondiaux qui aura lieu à Castres en région Midi-Pyrénées. Malgré la bonne entente commune, on reste avant tout des compétiteurs, Castres est une excellente opportunité pour tous se retrouver dans une ambiance plus détendue. Ce qui est formidable au sein de cette équipe de France, c'est que des leaders comme Malia Metella, Alain Bernard ou encore Hugues Duboscq, malgré leur statut, restent lucides, accessibles et d'un naturel exceptionnel.
Avez-vous un message à faire passer ?
C'est en quelque sorte un regret...rire...je souhaiterais avoir quelques années de moins de manière a vivre encore plusieurs années au sein de l'équipe de France et profiter ainsi un peu plus longtemps du plaisir de faire partie de cette équipe. Je suis conscient que dans quelques saisons, il faudra que je tourne la page et je sais d'avance que j'aurai beaucoup de tristesse à quitter un tel environnement. C'est un réel plaisir de tous les retrouver, notamment l'encadrement sportif dont on parle peu. Cette année, une nouvelle équipe s'est constituée autour du DTN (Directeur Technique National). C'est une grande source d'énergie pour les nageurs. Et je finirai en disant que mon objectif final c'est les prochains Jeux Olympiques de Londres. Ces trois prochaines saisons vont passer à toute vitesse, j'essaye donc d'en profiter au maximum !