
En 2005, aux championnats du Monde de Montréal, Filippo Magnini est entré dans l'histoire de son sport en arrachant, à la surprise générale, le titre mondial. Le Transalpin avait alors surpris le Sud-Africain Roland Schoeman en fin de course. « J'ai eu du mal à démarrer, mais lorsque j'ai vu que j'étais intercalé entre Schoeman et Neethling, j'ai tout donné. Je me suis rendu compte que j'avais gagné en touchant le mur. C'était un rêve !» Pour lui, mais aussi pour toute l'Italie qui empochait là la première médaille d'or de son histoire dans l'épreuve reine.
Un compétiteur hors norme
Et si le Transalpin, fan inconditionnel de football et du Calcio (championnat italien), a profité d'un léger passage à vide du sprint mondial pour se hisser au sommet, il ne doit qu'à lui de s'y maintenir.
Force est de reconnaître, et c'est là sans doute l'un de ses atouts maîtres, que Filippo Magnini possède un mental de compétiteur hors-norme. Contrairement à ses concurrents, le Méditerranéen ne présente pas le physique bodybuildé des sprinters modernes. Dans le bassin, plutôt que le forceps, l'Italien assied ses succès sur une solide assise mentale.
Son plus grand défi
Frêle adolescent, Filippo Magnini se lance dans la natation pour gagner en masse musculaire et améliorer ses performances footbalistique. Mais l'enfant de Pesaro prend goût à cette discipline, aux allers-retours que lui inflige l'entraîneur de ses débuts. Surtout, le novice remporte ses premiers trophées... en brasse. Ce n'est qu'en 2001, lorsqu'il s'envole pour Turin que son nouveau coach, Claudio Rossetto, décèle chez lui un fort potentiel en nage libre. Filippo débute alors sa fulgurante et régulière ascension. Champion d'Europe 2004, puis maître du monde à Montréal et Melbourne, le nageur de la « Botte » amasse les distinctions.
Depuis deux saisons et l'émergence d'Alain Bernard sur le devant de la scène, l'Italien connaît néanmoins une baisse de régime. Pas question cependant de s'inquiéter ou de chercher des excuses : « L'enjeu sera grand à Rome, mais il faut aussi savoir s'amuser », assure-t-il. Désormais, Filippo veut tout mettre en œuvre pour briller chez lui, devant ses supporters, en juillet prochain. Pour cela, il ne connaît qu'une recette : le travail, le travail et encore le travail !