
A un mois des championnats du monde italiens, le Provençal a lancé un signal fort, pas tellement en termes de chrono, victorieux dans un timide 21''83, mais surtout d'un point de vue tactique. Longtemps friable dans les rendez-vous internationaux, le plus américain des sprinters français (il s'entraîne à Auburn, aux Etats-Unis) est aujourd'hui en pleine confiance, maître de son sujet. « Je suis satisfait de ma course », a-t-il reconnu. « Je retiens surtout la place et la manière dont j'ai abordé cette épreuve. J'ai suivi les consignes de mon coach américain en restant concentré sur moi sans m'attarder sur les autres nageurs, aussi prestigieux soient-ils. »
Pourtant, la présence d'un champion olympique (Alain Bernard), de deux vice-champions olympiques (Amaury Leveaux et Eamon Sullivan) aurait pu le déstabiliser.
Reste qu'à 28 ans, le Sudiste ne tergiverse plus. En avril dernier, aux « France » de Montpellier il confiait d'ailleurs avoir « connu des hauts et des bas dans (ma) carrière. Des moments de doute, des périodes où rien ne fonctionnait comme prévu ». Un aveu en forme d'exutoire pour ce sprinter qui arrive à maturité sur le tard. « Certains explosent à 21 ou 22 ans, moi j'ai pris mon temps pour me stabiliser. Aujourd'hui, je suis beaucoup plus serein. » Serein et performant, voilà comment l'on peut désormais définir le natif de Perpignan. Cette saison, Fred Bousquet ne s'est incliné qu'à une seule occasion sur 50 m nage libre : lors de l'étape barcelonaise du Mare Nostrum face au champion olympique en titre, le Brésilien César Cielo. Une régularité métronomique qui inspire le respect de ses rivaux. A commencer par l'Australien Eamon Sullivan : « Bousquet est régulièrement sous les 22 secondes, preuve qu'il est l'un des meilleurs sprinters de la planète. De mon côté, après des semaines difficiles, je retrouve progressivement la forme. Maintenant je ne dois plus perdre de temps dans ma préparation car les Mondiaux vont arriver vite. »